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Conformité9 min de lecture

KYC : le guide complet pour les entreprises en Belgique 2026

Qu'est-ce que le KYC en Belgique ? Obligations FSMA, BNB et CTIF-CFI, étapes du processus et bonnes pratiques pour les entreprises belges. Guide complet 2026.

Antoine Verhoeven, Consultant en conformité réglementaire
Antoine Verhoeven, Consultant en conformité réglementaire·
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Le KYC (Know Your Customer) est l'obligation légale pour les entités assujetties de vérifier l'identité de leurs clients avant d'établir une relation d'affaires et de surveiller cette relation en continu. En Belgique, ce cadre est défini par la Loi du 18 septembre 2017 relative à la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme et à la limitation de l'utilisation des espèces, sous la supervision de la FSMA (Autorité des services et marchés financiers), de la Banque Nationale de Belgique (BNB) et de plusieurs superviseurs sectoriels.

En Belgique, la FSMA et la BNB ont intensifié leurs contrôles depuis 2024 : la BNB a infligé des amendes cumulées de plus de 8 millions d'euros à des établissements financiers entre 2022 et 2024 pour des manquements en matière de connaissance client. La conformité KYC est une obligation légale assortie de sanctions directes, et non un exercice administratif optionnel.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou réglementaire. Consultez un professionnel qualifié pour toute question relative à votre situation spécifique.

Qu'est-ce que le KYC en Belgique ?

Le KYC est l'ensemble des procédures par lesquelles une entité assujettie identifie et vérifie l'identité de ses clients, comprend la nature et l'objet de la relation d'affaires, et évalue le risque de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme associé. Ce processus s'impose avant l'entrée en relation d'affaires et se maintient tout au long de celle-ci.

Depuis le 19 juin 2024, le règlement (UE) 2024/1620 portant création de l'Autorité européenne de lutte contre le blanchiment de capitaux (AMLA) est entré en vigueur, renforçant la coordination entre la FSMA, la BNB et les autorités des autres États membres (Règlement (UE) 2024/1620, JO de l'UE du 19 juin 2024).

Le processus KYC belge repose sur trois piliers :

  • Identification : collecte des données d'identité du client (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, numéro de registre national pour les résidents belges)
  • Vérification : contrôle de l'authenticité des documents d'identité présentés
  • Évaluation du risque : classification du client et détermination du niveau de vigilance applicable

Qui est concerné par le KYC en Belgique ?

La Loi du 18 septembre 2017 définit les entités assujetties à l'article 5. Le champ d'application couvre de nombreux secteurs professionnels.

Secteur Exemples d'entités concernées
Finance et banque Établissements de crédit, entreprises d'investissement, établissements de paiement
Assurance Entreprises d'assurance-vie et intermédiaires
Notariat et droit Notaires, avocats (en matière de transactions financières)
Comptabilité Experts-comptables, réviseurs d'entreprises
Immobilier Agents immobiliers (transactions ≥ 10 000 €)
Prestataires de jeux Exploitants de casinos et jeux en ligne
Prestataires de services aux sociétés Sociétés de domiciliation, fiduciaires
Crypto-actifs Prestataires de services de crypto-actifs enregistrés auprès de la FSMA

Pour les marchands de biens de valeur (œuvres d'art, pierres précieuses, métaux précieux), l'obligation d'identification s'applique dès 10 000 euros en espèces, conformément à l'article 5, § 1er, 22° de la Loi du 18 septembre 2017.

La FSMA supervise les organismes de placement collectif, les entreprises d'assurance et les prestataires de services de crypto-actifs. La BNB supervise les établissements de crédit, les établissements de paiement et les émetteurs de monnaie électronique.

Les étapes du processus KYC belge

Identification et collecte documentaire

L'identification intervient obligatoirement avant le début de la relation d'affaires, conformément à l'article 8 de la Loi du 18 septembre 2017. Pour les personnes physiques résidant en Belgique, le document de référence est la carte d'identité électronique belge (eID). Pour les ressortissants étrangers, le passeport ou le titre de séjour valide constituent des alternatives acceptées.

Pour les personnes morales belges, les documents requis incluent : les statuts coordonnés, un extrait récent de la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE), la liste des administrateurs et mandataires et l'identification du ou des bénéficiaires effectifs enregistrés dans l'UBO Register belge.

Tout bénéficiaire effectif détenant, directement ou indirectement, plus de 25 % des droits de vote ou du capital d'une société belge doit être enregistré dans l'UBO Register, conformément à l'article 74 de la Loi du 18 septembre 2017 et à l'Arrêté royal du 30 juillet 2018.

Vérification de l'authenticité

La vérification peut s'effectuer en présentiel ou à distance. La Loi du 18 septembre 2017 autorise l'identification à distance via des technologies certifiées, dont la biométrie faciale et la vérification OCR, à condition que le niveau de fiabilité soit équivalent à une identification en face-à-face.

La solution de vérification documentaire automatisée de CheckFile prend en charge les documents d'identité belges (eID, passeport, titre de séjour), ainsi que les documents de plus de 200 pays, avec détection de falsification intégrée. Consultez nos tarifs et formules adaptés aux PME belges.

Évaluation du risque et niveaux de vigilance

La Loi du 18 septembre 2017 distingue trois niveaux de vigilance, calqués sur les directives européennes :

Niveau de vigilance Conditions d'application Mesures requises
Vigilance simplifiée Client à faible risque (administrations publiques belges, sociétés cotées) Identification allégée autorisée
Vigilance standard Relation d'affaires ordinaire Identification complète et surveillance normale
Vigilance renforcée Personnes politiquement exposées, pays tiers à risque élevé, opérations atypiques Diligences approfondies, recherche de l'origine des fonds

Une Personne Politiquement Exposée (PPE) en Belgique comprend notamment les membres du gouvernement fédéral et des gouvernements régionaux, les membres du Parlement fédéral et des parlements de Communauté et de Région, ainsi que les hauts responsables des institutions européennes dont le siège est à Bruxelles. La surveillance renforcée de ces profils est obligatoire en vertu de l'article 27 de la Loi du 18 septembre 2017.

Surveillance continue et revue périodique

Les entités assujetties belges doivent surveiller les transactions de façon continue et maintenir les informations clients à jour. La périodicité des revues est déterminée par le niveau de risque : annuelle pour les clients à risque élevé, triennale ou quinquennale pour les clients à faible risque, selon la politique interne de l'entité.

La CTIF-CFI : cellule de renseignement financier belge

Toute entité assujettie qui suspecte une opération liée au blanchiment de capitaux ou au financement du terrorisme doit le signaler à la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF-CFI), cellule de renseignement financier belge, équivalent du Tracfin français. En 2023, la CTIF-CFI a reçu 58 429 déclarations de soupçon, en hausse de 12 % par rapport à 2022.

La déclaration est protégée par une obligation de confidentialité absolue : il est strictement interdit d'informer le client ou des tiers qu'une déclaration a été effectuée. Toute violation de ce principe constitue une infraction pénale.

Spécificités belges : le SPF Économie et les professions libérales

En Belgique, les professions libérales non financières — avocats, notaires, experts-comptables, réviseurs — sont soumises à des obligations KYC encadrées par leurs ordres professionnels respectifs et supervisées par le SPF Économie pour certaines catégories. Cette organisation multi-superviseur est une particularité du cadre belge par rapport au système français (supervisé exclusivement par l'ACPR et l'AMF).

Pour une vue d'ensemble des meilleures pratiques en matière de conformité documentaire, consultez notre guide de conformité documentaire. Pour les obligations KYC spécifiques à 2026 et les changements liés à AMLD6, notre analyse des obligations KYC 2026 vous fournit les informations nécessaires.

Digitalisation du KYC : l'eKYC en Belgique

La Belgique a développé un écosystème d'identité numérique avancé avec la carte d'identité électronique (eID) et l'application itsme®, qui permet une identification forte certifiée eIDAS. Ces outils facilitent la mise en œuvre de procédures eKYC conformes à la réglementation belge et aux normes européennes.

Les plateformes eKYC conformes intègrent la lecture du puce NFC de l'eID belge, la vérification biométrique du porteur et la consultation des listes de sanctions de l'UE et de l'OFAC. CheckFile prend en charge l'ensemble de ces mécanismes dans un flux unifié, réduisant le temps d'onboarding KYC de 70 % en moyenne.

Sanctions et risques de non-conformité

La FSMA et la BNB disposent de pouvoirs étendus pour sanctionner les manquements aux obligations KYC :

  • Amendes administratives : jusqu'à 5 millions d'euros ou 10 % du chiffre d'affaires annuel brut
  • Mesures conservatoires : suspension d'activité, injonctions d'agir
  • Sanctions personnelles : interdiction d'exercer pour les dirigeants responsables
  • Publication : les décisions de sanction sont publiées sur les sites de la FSMA et de la BNB

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le KYC en Belgique ?

Le KYC en Belgique est le processus d'identification et de vérification d'identité des clients, obligatoire pour les entités assujetties définies par la Loi du 18 septembre 2017. Il est supervisé selon le secteur par la FSMA (services financiers et crypto-actifs), la BNB (banques et paiements) ou des superviseurs sectoriels comme le SPF Économie pour certaines professions libérales.

Qu'est-ce que l'UBO Register belge ?

L'UBO Register belge est le registre officiel des bénéficiaires effectifs des personnes morales belges, géré par le SPF Économie. Toute société, ASBL ou fondation belge doit y enregistrer les personnes physiques détenant plus de 25 % de son capital ou de ses droits de vote. L'inscription est obligatoire depuis le 31 octobre 2018 et doit être mise à jour annuellement ou en cas de changement.

Quels documents sont nécessaires pour un KYC en Belgique ?

Pour les particuliers belges : la carte d'identité électronique (eID) en cours de validité constitue le document de référence. Pour les non-résidents : passeport valide et, si nécessaire, titre de séjour. Pour les entreprises : statuts coordonnés, extrait BCE, données des administrateurs et des bénéficiaires effectifs tels qu'ils figurent dans l'UBO Register.

Quelle est la différence entre la FSMA et la BNB en matière de KYC ?

La FSMA supervise les entreprises d'investissement, les sociétés de gestion, les intermédiaires d'assurance et les prestataires de services de crypto-actifs. La BNB supervise les établissements de crédit, les établissements de paiement et les émetteurs de monnaie électronique. Les deux autorités coordonnent leurs interventions sur la base d'un protocole de coopération formalisé.

Le KYC s'applique-t-il aux petites entreprises belges ?

Oui, dès lors qu'une entreprise entre dans le champ d'application de la Loi du 18 septembre 2017 — que ce soit comme agent immobilier, comptable, avocat en matière financière ou marchand de biens de valeur acceptant des paiements en espèces supérieurs à 10 000 euros. L'intensité des mesures est proportionnelle au risque, mais l'obligation d'identification s'applique sans seuil de taille.

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