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Vérification d'emploi en Belgique : contrôler l'historique professionnel d'un candidat

Guide complet pour vérifier les antécédents professionnels en Belgique : ONSS, Dimona, SPF Emploi. Obligations légales APD, droit du travail belge.

L'équipe CheckFile
L'équipe CheckFile·
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La vérification d'emploi en Belgique repose sur un cadre juridique distinct de celui de la France ou d'autres pays européens. Les employeurs belges doivent composer avec des instruments spécifiques — la déclaration Dimona, les attestations ONSS, la reconnaissance des diplômes via Ares — tout en respectant les obligations de l'Autorité de protection des données (APD) et du RGPD. Ce guide présente les procédures applicables en Belgique, les documents requis et les bonnes pratiques pour une vérification à la fois efficace et conforme au droit belge.


Qu'est-ce que la vérification d'emploi en Belgique ?

La vérification d'emploi est le processus par lequel un employeur confirme, auprès de sources tierces ou de documents officiels, les informations professionnelles déclarées par un candidat. En Belgique, ce processus se distingue par l'existence de la déclaration Dimona comme outil central d'enregistrement des travailleurs, ainsi que par le rôle de l'ONSS comme organisme de référence pour les droits sociaux.

Éléments vérifiables et limites légales en Belgique

Élément vérifiable Élément non vérifiable (limites APD/RGPD)
Dates d'entrée et de sortie (attestation Dimona / ONSS) Motif de rupture du contrat (sauf accord du candidat)
Intitulé du poste occupé Salaire exact (sauf accord explicite du candidat)
Nom et existence légale de l'employeur Arrêts maladie et données de santé
Diplômes reconnus (Ares, universités, hautes écoles) Appartenance syndicale ou opinions politiques
Habilitations sectorielles (FSMA, BNB) Situation financière personnelle (hors postes à risque financier)
Références professionnelles (avec consentement) Vie privée hors cadre professionnel
Permis de travail pour ressortissants hors UE Données biométriques non requises par le poste

La déclaration Dimona (Déclaration Immédiate/Onmiddellijke Aangifte) est le système belge d'enregistrement électronique des travailleurs auprès de l'ONSS. Chaque entrée et sortie de service doit y être déclarée par l'employeur. Elle constitue ainsi une trace officielle et vérifiable de l'historique d'emploi d'un travailleur en Belgique.

Selon les données de l'ONSS, plus de 4,5 millions de travailleurs sont déclarés chaque année via le système Dimona, ce qui en fait la source de référence la plus fiable pour confirmer les périodes d'emploi en Belgique.


Cadre légal belge

En Belgique, la vérification d'emploi est encadrée par plusieurs textes complémentaires : la loi du 30 juillet 2018 relative à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements de données à caractère personnel, le RGPD, et la loi du 3 juillet 1978 sur les contrats de travail.

Les textes applicables

L'Autorité de protection des données (APD) est l'autorité nationale belge de contrôle compétente en matière de traitement des données personnelles dans le contexte du recrutement. Elle a publié des lignes directrices spécifiques sur les données collectées lors d'un recrutement, distinguant les données licites des données prohibées.

Le RGPD, article 5 impose que les données collectées soient adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées (principe de minimisation). Ce principe s'applique pleinement aux vérifications d'emploi en Belgique.

La loi du 3 juillet 1978 sur les contrats de travail (Code du travail belge) régit les relations entre employeurs et travailleurs. Elle est distincte du Code du travail français et comporte ses propres dispositions en matière d'informations pouvant être demandées à un candidat.

Ce que les employeurs peuvent et ne peuvent pas vérifier

L'employeur belge peut légitimement vérifier les éléments directement liés à la capacité du candidat à occuper le poste proposé. Il ne peut pas procéder à des investigations portant sur la vie privée, la santé, les convictions politiques ou religieuses du candidat, conformément à la loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination.

Tout employeur qui procède à des vérifications sans consentement préalable du candidat s'expose à des sanctions de l'APD, pouvant aller jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial (RGPD, art. 83). L'APD peut également ordonner la cessation du traitement et imposer des mesures correctives.

Pour les postes dans le secteur financier, la FSMA (Autorité des services et marchés financiers) et la BNB (Banque Nationale de Belgique) imposent des exigences supplémentaires en matière de vérification de l'honorabilité et de l'expertise professionnelle des dirigeants et des fonctions clés.


Documents requis pour la vérification en Belgique

Six catégories de documents permettent de vérifier de manière fiable l'historique professionnel d'un candidat en Belgique.

eID — Carte d'identité électronique belge

La carte d'identité électronique belge (eID) est le document d'identité de référence pour les ressortissants belges et les résidents étrangers en Belgique. Contrairement à la carte nationale d'identité française, l'eID belge dispose d'une puce électronique permettant une vérification en ligne via le système belge d'authentification.

Attestation ONSS et extrait de compte individuel

L'ONSS (Office national de sécurité sociale) gère l'ensemble des cotisations sociales des travailleurs salariés en Belgique. Un candidat peut obtenir un extrait de son compte individuel auprès de l'ONSS, qui récapitule les périodes d'emploi déclarées et les employeurs successifs. Ce document est l'équivalent belge de la synthèse de carrière.

Attestation Dimona

La déclaration Dimona constitue la preuve officielle d'occupation d'un travailleur chez un employeur donné. Les candidats peuvent demander à leurs anciens employeurs une confirmation des déclarations Dimona les concernant. Ce document précise les dates de début et de fin de chaque occupation, ainsi que la nature du contrat.

Diplômes avec reconnaissance via Ares

Pour les diplômes de l'enseignement supérieur délivrés en Belgique francophone, la reconnaissance et l'évaluation de la qualité sont assurées par l'Ares (Agence pour l'évaluation de la qualité de l'enseignement supérieur). Les diplômes étrangers doivent faire l'objet d'une procédure de reconnaissance académique ou professionnelle spécifique selon la région.

Les agences régionales jouent également un rôle : Forem (Wallonie), VDAB (Flandre) et Actiris (Bruxelles) proposent des services de validation des compétences et peuvent attester de certaines formations suivies dans leur réseau.

Certificat de bonne vie et mœurs / Extrait du casier judiciaire

En Belgique, l'extrait du casier judiciaire est délivré par le SPF Justice. Il existe trois modèles :

  • Modèle 1 : usage général, délivré au citoyen pour présentation à des tiers.
  • Modèle 2 : requis pour certaines fonctions spécifiques (travail avec des mineurs, par exemple).
  • Modèle 3 : version complète, réservée à certaines autorités.

L'employeur ne peut exiger un extrait du casier judiciaire que si cela est justifié par la nature du poste, conformément aux lignes directrices de l'APD.

Permis de travail pour ressortissants hors UE

Pour les travailleurs ressortissants de pays tiers à l'Union européenne, un permis de travail est requis. En Belgique, la compétence en matière de permis de travail est régionalisée : il relève du VDAB en Flandre, du Forem en Wallonie et d'Actiris à Bruxelles, sous la supervision du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. L'employeur a l'obligation de vérifier la validité du permis avant toute mise au travail.


Processus de vérification étape par étape en Belgique

Un processus structuré en cinq étapes permet de réduire les délais, de limiter les risques juridiques et d'assurer une expérience candidat respectueuse du droit belge.

Étape Action Responsable Délai indicatif
1. Information et consentement Informer le candidat des vérifications prévues et recueillir son accord écrit ; rappeler ses droits APD/RGPD RH / recruteur J+0 (offre acceptée)
2. Collecte des documents Demander l'eID, l'attestation ONSS ou l'extrait Dimona, les diplômes et tout document pertinent RH J+1 à J+3
3. Vérification des diplômes et certifications Croiser les diplômes avec Ares ou les universités belges émettrices ; vérifier les habilitations sectorielles (FSMA si applicable) RH / prestataire J+3 à J+5
4. Confirmation des emplois précédents Contacter les anciens employeurs (avec accord) et/ou analyser l'attestation Dimona / extrait ONSS RH / prestataire J+3 à J+7
5. Synthèse et décision Rédiger un rapport de vérification, archiver les données conformément aux obligations APD et statuer sur l'embauche RH / DPO / direction J+7 à J+10

Les entreprises belges qui formalisent ce processus réduisent significativement le délai moyen entre l'offre et l'embauche effective, tout en renforçant leur protection juridique en cas de litige ultérieur.


Vérification automatisée en Belgique

L'automatisation de la vérification d'emploi par intelligence artificielle permet de réduire le traitement d'un dossier complet de plusieurs jours à quelques heures, tout en maintenant une conformité totale avec les obligations de l'APD et du RGPD.

Des outils comme CheckFile analysent automatiquement les documents soumis par les candidats : détection de falsifications, cohérence des dates d'emploi, vérification de la mise en forme des attestations officielles belges (Dimona, ONSS), et croisement avec des bases de données tierces. Cette approche élimine les erreurs humaines liées à la vérification manuelle et libère les équipes RH pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.

Avantages concrets pour les employeurs belges

  • Rapidité : traitement d'un dossier complet en moins de 24 heures contre 5 à 10 jours en manuel.
  • Cohérence : chaque candidat est soumis au même niveau de contrôle, sans biais humain.
  • Traçabilité APD : chaque vérification est documentée et archivée, ce qui facilite la conformité avec les obligations de l'Autorité de protection des données.
  • Scalabilité : un volume important de candidatures peut être traité simultanément, sans augmenter les effectifs RH.

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Pour aller plus loin, consultez également notre guide sur le background check employeur et notre article sur la vérification des diplômes en contexte RH.


Fraudes fréquentes et signaux d'alerte

La fraude au CV est un phénomène documenté en Belgique comme dans l'ensemble de l'espace européen : des études sectorielles estiment qu'entre 30 % et 40 % des candidats embellissent ou falsifient au moins un élément de leur parcours professionnel.

Types de fraudes les plus courants en contexte belge

  • Dates d'emploi falsifiées : le candidat étire la durée d'un poste pour masquer une période d'inactivité ou un départ conflictuel. La confrontation avec une attestation Dimona permet de détecter rapidement ces incohérences.
  • Intitulés de poste surévalués : un « assistant administratif » se transforme en « responsable administratif » sur le CV. L'attestation ONSS ou l'attestation de l'employeur peut révéler l'écart.
  • Diplômes inexistants ou non obtenus : mention d'un master non décroché ou d'une certification expirée présentée comme active. La vérification via Ares ou directement auprès de l'institution d'enseignement permet de lever le doute.
  • Références fictives : faux numéros de téléphone ou anciens collègues présentés comme managers directs.
  • Permis de travail périmé ou falsifié : pour les ressortissants hors UE, la vérification de la validité du permis auprès de l'agence régionale compétente (VDAB, Forem, Actiris) est indispensable.

Signaux d'alerte à surveiller

  • Trous inexpliqués dans le CV sur plusieurs mois ou années, sans mention d'une période de formation ou d'inactivité volontaire.
  • Employeurs belges dont l'existence légale ne peut être confirmée via la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE).
  • Documents dont la mise en page présente des incohérences typiques d'une falsification (polices mélangées, dates incohérentes, logos approximatifs).
  • Références qui ne répondent pas ou dont le numéro n'est pas attribué.
  • Attestation Dimona dont le numéro d'employeur ne correspond pas à une entreprise active dans la BCE.

Retrouvez la liste complète des vérifications recommandées dans notre guide complet de vérification documentaire.


Questions fréquentes

Puis-je contacter un ancien employeur belge sans l'accord du candidat ?

Non. Contacter un tiers pour recueillir des informations sur un candidat sans son consentement constitue une violation du RGPD et des lignes directrices de l'APD. Vous devez toujours obtenir un accord explicite et documenté avant toute prise de contact avec un ancien employeur. L'APD recommande que ce consentement soit recueilli par écrit ou via un formulaire électronique horodaté.

Quelle est la durée légale de conservation des données collectées lors de la vérification ?

L'APD recommande de ne pas conserver les données d'un candidat non retenu au-delà d'un délai raisonnable après la fin du processus de recrutement, généralement fixé à deux ans maximum. Pour les candidats recrutés, les données intégrées au dossier salarié suivent les règles de conservation du droit du travail belge (loi du 3 juillet 1978 et dispositions complémentaires).

La vérification d'emploi est-elle obligatoire en Belgique ?

Elle n'est pas imposée par la loi pour la majorité des postes. En revanche, elle est vivement recommandée pour les postes à responsabilité (direction financière, accès aux données sensibles, travail auprès de mineurs ou de personnes vulnérables). Pour les postes dans le secteur financier, la FSMA et la BNB peuvent imposer des vérifications spécifiques portant sur l'honorabilité et l'expertise des candidats.

Comment vérifier un diplôme étranger présenté par un candidat en Belgique ?

Les diplômes étrangers doivent faire l'objet d'une procédure de reconnaissance. En Belgique francophone, cette reconnaissance relève de la compétence de la Fédération Wallonie-Bruxelles (pour les diplômes de l'enseignement supérieur) et peut impliquer l'intervention d'Ares. En Flandre, c'est NARIC Vlaanderen qui est compétent. Pour les professions réglementées, une reconnaissance professionnelle spécifique peut être requise par les autorités de tutelle compétentes.

Quelle est la différence entre une vérification d'emploi et un background check en Belgique ?

La vérification d'emploi se concentre sur le parcours professionnel déclaré (postes, diplômes, références). Le background check est plus large : il peut inclure une vérification du casier judiciaire (extrait modèle 1, 2 ou 3 via le SPF Justice), un contrôle de solvabilité ou une vérification des sanctions réglementaires (FSMA). Ces deux processus sont complémentaires et détaillés dans notre article sur le background check employeur.


Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute situation spécifique, consultez un avocat spécialisé en droit du travail belge ou votre délégué à la protection des données (DPO).

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