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Faux relevé bancaire généré par IA en Belgique : le détecter

Faux relevé bancaire falsifié ou généré par IA dans un dossier de crédit hypothécaire ou de location en Belgique : détection, cadre légal, rôle CTIF-CFI.

L'équipe CheckFile
L'équipe CheckFile·
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Un faux relevé de compte bancaire — aussi appelé extrait de compte en Belgique — se détecte en vérifiant la continuité arithmétique des soldes entre les pages, la cohérence des métadonnées du fichier avec la banque déclarée, et la concordance des transactions avec les autres pièces du dossier. Contrairement à un faux document justifiant un simple IBAN, qui ne sert qu'à rediriger un virement, le faux relevé multi-pages fabrique ou modifie un historique complet de transactions pour gonfler la capacité financière apparente d'un candidat à un crédit hypothécaire, un crédit à la consommation ou une location.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou réglementaire.

Qu'est-ce qu'un faux relevé de compte bancaire dans ce contexte

Un faux relevé de compte est un document de plusieurs pages, présentant un solde et un historique de transactions, dont le contenu a été modifié ou entièrement fabriqué pour faire croire à un prêteur, un bailleur ou une agence immobilière qu'un candidat dispose de revenus réguliers ou d'une épargne suffisante. Il se distingue d'un document ne mentionnant qu'un IBAN pour détourner un paiement déjà légitime : le relevé affiche un solde, une date d'arrêté et des dizaines de lignes de mouvements qui doivent rester cohérents entre eux sur plusieurs pages, quelle que soit la banque belge émettrice.

Deux techniques dominent : la modification d'un relevé authentique — changer un solde, supprimer un rejet de domiciliation, gonfler un salaire — via un éditeur PDF, et la fabrication d'un document synthétique complet, en progression depuis l'accès grand public aux outils génératifs. Un modèle de langage génère un historique de transactions statistiquement plausible, tandis qu'un outil de génération d'image reproduit l'en-tête et les codes visuels d'un établissement bancaire actif en Belgique.

La détection d'un relevé de compte falsifié repose sur une couverture élevée grâce à l'analyse multi-couche (structurelle, métadonnées, cohérence inter-documents), plutôt que sur la seule lecture visuelle du document — une approche méthodologique détaillée par notre guide sur la vérification de RIB et d'IBAN, qui couvre la fraude au virement, un vecteur d'attaque différent mais souvent confondu par les équipes non spécialisées.

Pourquoi le relevé de compte est la pièce la plus disputée d'un dossier

Le relevé de compte occupe une place particulière parce qu'il sert simultanément à prouver un revenu régulier, une capacité d'épargne et l'absence d'incidents de paiement — trois informations qu'une fiche de paie ou un avertissement-extrait de rôle, pris isolément, ne montrent pas. Son statut juridique diffère selon le contexte et la région, le bail d'habitation étant une compétence régionalisée. À Bruxelles, l'arrêté du 15 juin 2023 pris en exécution de l'article 200ter du Code bruxellois du logement fixe la liste exhaustive des documents qu'un bailleur ou une agence peut réclamer à un candidat locataire — le relevé de compte n'y figure pas, et une demande allant au-delà peut être qualifiée de pratique discriminatoire (Code bruxellois du logement). En Wallonie et en Flandre, le principe est similaire, seule la liste précise variant d'une région à l'autre ; certaines agences le demandent tout de même de manière informelle, ce qui déplace le risque de fraude vers des canaux moins traçables.

Pour le crédit à la consommation et le crédit hypothécaire, la logique est inverse : la banque a le droit et l'obligation réglementaire de vérifier les ressources et l'absence d'incidents avant d'accorder un financement, ce qui rend le relevé incontournable et donc particulièrement ciblé par les fraudeurs — d'autant que la Centrale des Crédits aux Particuliers de la Banque Nationale de Belgique a enregistré 264 704 nouveaux crédits hypothécaires en 2025, un flux de dossiers considérable à sécuriser.

Comment ces faux sont fabriqués en pratique

Trois méthodes se distinguent par leur sophistication et les traces qu'elles laissent. La modification d'un document authentique reste la plus répandue : un relevé réel est édité pour changer un solde, effacer un rejet de domiciliation ou ajouter une ligne fictive, ce qui laisse des traces précises — police de remplacement, calque visible en zoomant sur les bords de caractères, artefact de compression localisé à la zone modifiée.

La génération intégrale par IA produit un document synthétique cohérent visuellement, mais qui échoue souvent sur la cohérence sémantique fine : un solde de clôture qui ne correspond pas au solde d'ouverture de la page suivante, une date de valeur tombant un dimanche ou un jour férié légal belge (21 juillet, 11 novembre), ou une numérotation de page discontinue trahissant l'assemblage de plusieurs relevés distincts. L'assemblage hybride, enfin, combine plusieurs relevés réels de comptes ou de mois différents pour composer un historique flatteur — difficile à repérer à l'œil nu, mais qui rompt presque toujours la continuité arithmétique d'une page à l'autre.

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Tableau des signaux d'alerte par catégorie

Catégorie de signal Exemple concret sur un relevé multi-pages Ce qu'il révèle
Continuité des soldes Le solde de clôture en bas de page ne correspond pas au solde d'ouverture en haut de la page suivante Pages assemblées à partir de relevés distincts, ou solde modifié sur une seule page
Métadonnées du fichier Logiciel d'édition d'image ou de PDF générique au lieu du système d'édition de la banque déclarée Document reconstruit hors de l'infrastructure documentaire de l'émetteur
Cohérence calendaire Virement ou domiciliation daté un dimanche ou un jour férié légal belge Génération automatique sans contrainte de calendrier SEPA réel
Cohérence inter-documents Le montant des virements de salaire ne correspond pas à la fiche de paie transmise dans le même dossier Incohérence entre pièces, souvent révélatrice d'une fraude sur l'une d'elles
Code établissement et BIC/IBAN Code banque associé à un établissement absorbé ou inexistant dans les référentiels Febelfin Gabarit générique non lié à une banque réelle
Régularité des mouvements Salaire identique au centime près chaque mois, ou dépôt isolé juste avant la date limite de dépôt du dossier Historique fabriqué ou opération ponctuelle destinée à gonfler artificiellement le solde

Une analyse manuelle isolée détecte rarement l'ensemble de ces signaux : selon l'ACFE, seuls 37 % des cas de fraude occupationnelle sont repérés par des contrôles actifs, avec un délai moyen de détection de 87 jours, d'après le Report to the Nations 2024 de l'ACFE — un délai incompatible avec une décision de crédit ou de location, prise en quelques jours.

Ce que demandent les candidats et les vérificateurs sur les forums

Une préoccupation revient souvent chez les candidats à la location : le bailleur n'a pas le droit d'exiger un relevé de compte, absent des documents autorisés par les réglementations régionales, mais certaines agences le demandent tout de même de façon informelle. Le candidat peut refuser sans que cela justifie légalement un rejet de sa candidature, à condition de pouvoir le prouver en cas de litige.

Une deuxième question porte sur les garants : peuvent-ils être tenus responsables si le relevé qu'ils transmettent a été modifié à leur insu, par exemple par un agent immobilier qui embellit le dossier pour sécuriser sa commission ? Notre article sur le faux garant en dossier de location détaille cette mécanique et les recours possibles.

Une troisième interrogation, fréquente chez les courtiers en crédit, porte sur le blocage administratif : une banque peut-elle rejeter un dossier sur simple soupçon de relevé falsifié, avant toute décision de justice ? Oui pour le rejet, la banque restant seule décisionnaire de l'octroi du crédit — mais un enregistrement à la Centrale des Crédits aux Particuliers de la BNB suppose un défaut de paiement avéré, non un simple soupçon au stade de l'instruction.

Cadre réglementaire et rôle de la CTIF-CFI

La fabrication d'un relevé de compte falsifié relève du faux en écritures de commerce, de banque ou privées au sens des articles 196 et 197 du Code pénal belge — une qualification presque toujours correctionnalisée en pratique, la peine effective étant un emprisonnement d'un mois à cinq ans et une amende de 260 à 20 000 euros, décimes compris. Le fait peut être requalifié en escroquerie (article 496), jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, dès lors que le document a déterminé un établissement à débloquer des fonds.

Pour les établissements assujettis à la loi du 18 septembre 2017 relative à la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, la vérification des justificatifs financiers fait partie des obligations de vigilance lors de l'octroi de crédit. Ces établissements sont supervisés sur le plan prudentiel par la Banque Nationale de Belgique et, côté protection des consommateurs, par la FSMA, qui publie régulièrement des mises en garde contre la fraude. Tout doute sur l'authenticité des pièces transmises doit faire l'objet d'une déclaration de soupçon auprès de la CTIF-CFI.

En 2024, la CTIF-CFI a reçu 91 487 communications, dont 46 173 déclarations de soupçon, soit une hausse de 12 % par rapport à 2023, selon le rapport d'activités 2024 de la CTIF-CFI — une progression qui reflète en partie l'industrialisation de la fraude documentaire, relevés falsifiés ou générés par IA compris.

Pour les particuliers confrontés à une usurpation ou une falsification liée à un logement, les conseils du Centre pour la Cybersécurité Belgique sur Safeonweb détaillent les démarches de signalement, distinctes de la procédure applicable aux professionnels assujettis.

Protocole de vérification pour les équipes crédit et gestion locative

Un protocole structuré réduit la dépendance à la vigilance individuelle d'un opérateur traitant de nombreux dossiers dans des délais contraints. Premièrement, vérifier la continuité des soldes d'une page à l'autre, poste par poste, avant tout autre contrôle — le signal le plus spécifique au relevé multi-pages. Deuxièmement, comparer les métadonnées du fichier PDF avec l'infrastructure documentaire connue de la banque déclarée. Troisièmement, croiser les montants de virements de salaire avec les autres pièces du dossier. Quatrièmement, vérifier le code établissement dans les référentiels de Febelfin, la fédération belge du secteur financier. Cinquièmement, pour les dossiers à fort enjeu, privilégier une vérification directe via les API d'agrégation bancaire (Open Banking, DSP2) plutôt que la seule fourniture d'un PDF, lorsque le client y consent.

Pour les organismes de financement et de leasing, cette même logique s'applique aux justificatifs transmis dans les dossiers de crédit à l'équipement, comme le détaille notre article sur les faux justificatifs de revenus dans un dossier de prêt immobilier, et notre analyse des faux relevés bancaires et pièces d'identité générés par IA.

Comment CheckFile complète vos contrôles anti-fraude

Un outil de vérification documentaire ne remplace pas le jugement d'un analyste crédit ou d'un gestionnaire locatif : il réduit le temps et la charge cognitive nécessaires pour appliquer la même rigueur à chaque relevé, quel que soit le volume traité. La plateforme CheckFile automatise la vérification de la continuité des soldes entre pages, l'analyse des métadonnées et la validation croisée avec les autres pièces d'un dossier. Une couche additionnelle de signaux de génération IA peut être déployée selon la configuration client, en complément des contrôles structurels existants sur les relevés de compte — sans prétendre intercepter la totalité des faux en circulation, aucun outil ne pouvant raisonnablement le garantir. Pour les établissements soumis à des obligations KYC renforcées, la solution CheckFile pour le secteur bancaire applique la même logique aux justificatifs d'identité et de domicile.

Pour approfondir les signaux de génération IA et de falsification sur l'ensemble des types de documents, consultez notre page dédiée à la détection de documents générés par IA et deepfakes, conçue pour compléter vos contrôles existants sans s'y substituer. Notre guide de la vérification documentaire par industrie situe cette problématique dans le contexte plus large du crédit, de l'assurance et de l'immobilier ; notre page sécurité détaille l'architecture retenue. Les équipes qui souhaitent évaluer un pilote peuvent consulter nos tarifs.

Questions fréquemment posées

Comment reconnaître un relevé de compte falsifié avant de valider un dossier de crédit ou de location

Vérifiez d'abord la continuité du solde entre la fin d'une page et le début de la suivante, un signal propre aux relevés multi-pages qui échappe à un examen visuel rapide. Contrôlez ensuite les métadonnées du fichier et la cohérence des dates avec le calendrier bancaire belge, puis croisez les montants déclarés avec les autres pièces du dossier.

Un bailleur a-t-il le droit de demander mon relevé de compte bancaire en Belgique

En principe non, quelle que soit la région. À Bruxelles, la liste des documents qu'un bailleur peut réclamer est fixée par arrêté en exécution de l'article 200ter du Code bruxellois du logement, et le relevé de compte n'en fait pas partie. En Wallonie et en Flandre, seuls les documents strictement nécessaires pour vérifier l'identité, la résidence et les ressources du candidat peuvent être exigés. Un candidat qui refuse doit pouvoir documenter cet échange en cas de litige sur le motif du rejet de sa candidature.

Que risque une personne qui présente un relevé de compte falsifié pour un crédit hypothécaire

Elle encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour faux en écritures (articles 196 et 197 du Code pénal), le plus souvent correctionnalisé, et jusqu'à cinq ans et 30 000 euros d'amende si les faits sont qualifiés d'escroquerie. La banque peut aussi exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, quelle que soit l'ancienneté du crédit.

L'Open Banking peut-il remplacer la vérification d'un relevé de compte transmis en PDF

L'Open Banking, via les API DSP2, permet d'accéder directement aux données bancaires avec le consentement du client, ce qui élimine le risque de falsification documentaire intermédiaire. Il ne remplace pas totalement la vérification d'un PDF, car certains clients ne disposent pas de banques compatibles ou refusent d'y consentir ; les deux approches restent complémentaires sur les dossiers à fort enjeu.

Un garant peut-il être poursuivi si le relevé de compte qu'il fournit est falsifié à son insu

Un garant de bonne foi, dont le document a été modifié par un tiers sans son accord, n'engage pas sa responsabilité pénale, mais il lui appartient de le démontrer si la fraude est découverte. La vérification directe auprès du garant reste une précaution recommandée pour les gestionnaires locatifs belges.

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